Deuxième volet préparation au raid.

Votre condition physique s’affinant de semaine en semaine, il s’agit maintenant de la peaufiner et d’effectuer des réglages plus fins. La machine humaine est en effet semblable à un moteur. Au départ chacun d’entre nous naît avec une puissance déterminée de façon héréditaire. Sur ce plan là on ne naît pas égaux. Nous pouvons seulement optimiser cette puissance par un travail d’endurance (long et à basse intensité) qui a fait l’objet du premier volet préparation et un travail de qualité (court et à plus haute intensité) qui est abordé dans ce second volet.2

Ce travail de qualité vous permettra de tenir un rythme soutenu, proche de vos capacités maximales, plus longtemps, donc d’être plus efficace dans la durée. Et le Raid d’orientation impose la durée. Pour ce faire vous pourrez mettre en place des séances pendant lesquelles, après 20 à 30 minutes d’échauffement (courues ou marchées à allure très tranquille) vous ferez se succéder des périodes à plus haute intensité (course ou marche rapide), de 10 minutes, entrecoupées de périodes de semi repos à allure trottinée ou marchée. L’allure lors de chaque série doit être régulière et vous devez être en capacité de maintenir une allure identique lors de chaque série.

Ce travail est dénommé par les spécialistes de l’entraînement et de la physiologie sportive, travail au seuil, car il s’effectue aux limites de la filière aérobie. Filière qui contrairement aux sprinter use encore de l’oxygène fournie par la respiration pour brûler les carburants entreposés dans votre organisme. Les répétitions de ce type d’effort pourront aller de 3 à 5 ou 6. Elles pourront être effectuées en terrain montant et bien sûr avec la charge prévue pour le raid. La récupération entre chaque séance d’intensité doit être au moins de 3 minutes. Une séance de ce type tous les 10 jours, en plus des séances d’endurance préconisées dans le premier volet, paraît raisonnable pour une bonne assimilation. Si vous pouvez adjoindre de la lecture de carte pendant chaque série d’intensité c’est encore mieux.

1Il est également temps, pour ceux qui ne sont pas accoutumés à ce type d’effort, de réserver des séances où vous sortirez délibérément des sentiers ou des chemins battus. La progression en tout terrain n’est en effet pas innée. Elle nécessite que le pied se fasse, comme on dit dans le jargon des spécialistes du cross country ou des athlètes sur piste. Deux disciplines qui ne nécessitent pas le même « pied ». La pratique du tout terrain fait naitre une capacité à intégrer automatiquement les disparités et les chausses trappes du terrain, donc à y être plus à l’aise mais aussi à développer des capacités proprioceptives qui vous garantiront de la blessure et dont la plus courante est bien sûr, l’entorse de la cheville. Un risque aggravé par le fait que vous progressez avec une charge sur le dos.

Mais la pratique du tout terrain a une autre vertu. Psychologique celle-là. Sortir des sentiers battus pour couper entre deux chemins est parfois source d’appréhension pour les néophytes. On peut avoir le sentiment de s’aventurer dans un monde inconnu où les repères sont moins évidents que la linéarité d’une piste forestière. Pour les débutants s’accoutumer à oser entrer en forêt est un gage d’assurance plus grand lors du Raid. Commencez à le faire sur un terrain bien connu où le risque de couper est nul et où vous êtes assurés du point où vous allez sortir du bois. Puis tentez l’expérience dans une zone moins connue. Vous allez voir, vous allez prendre de l’assurance et cela va vite devenir grisant.

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